28 août 2006

LE POETE MAUDIT

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Je déambule dans les rues d'Paris :

C'est l'automne au coin de toutes les rues

Ou peut-être bien que j'ai encore trop bu ;

Qui sait même si je suis toujours en vie ?

 

 

Je passe au travers des gouttes...

Je passe au travers de cette vie qui m'dégoûte,

 

 

Je déambule dans les rue d'Paris :

C'est l'hiver dans le Café de Flore

Il y a longtemps que tous les poètes sont morts ;

Je suis désormais le dernier des maudits !

 

 

Je passe au travers des gouttes...

Je passe au travers de cette vie qui m'dégoûte,

 

 

Je déambule dans les rues d'Paris :

Le Pont des Arts s'est effondré hier

L'encre ne coule plus dans la vieille Cité de pierre ;

Le vent des assassins ne souffle plus sur l'île Saint-Louis !

 

 

Je passe au travers des gouttes...

Je passe au travers de cette vie qui m'dégoûte,

 

 

Je déambule dans les rues d'Paris :

C'est la dérive à gauche ; je me traîne rive droite

J'attends que la mort me fauche, j'ai les mains moites ;

Dans le Quartier Latin, on n'entend plus un bruit !

 

 

Je passe au travers des gouttes...

Je passe au travers de cette vie qui m'dégoûte,

 

 

Je déambule dans les rues d'Paris :

Tous les chats y sont gris, gras et immondes

Cette nuit encore la rue Blanche est noire de monde ;

Dans le Marais, les derniers rats se sont enfuis !

 

 

Je passe au travers des gouttes...

Je passe au travers de cette vie qui m'dégoûte,

 

 

Je déambule dans les rues d'Paris :

Peut-être qu'un jour Nerval sera de retour

Il y a bien longtemps que les miracles n'ont plus cours ;

Rue d'la Vieille Lanterne, on joue la Divine Comédie...

 

 

 

Ici commence Ma Vie !

 

 


 

 

A Gérard de Nerval

 

 

 

 

 

Texte de Xavier de Harlay

publié dans Art et Poésie de Touraine n° 194 - Automne 2008

 

&

Illustration de Greg Armatory

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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