25 septembre 2006
HORREUR A SLAUGHTERFALLS (3)
Ce dernier vit John Harris fondre sur lui, puis se figer l'instant d'après tandis qu'une main inhumaine lui transperçait le corps. Le shérif fut pris de nausées quand il fut aspergé du liquide corporel d'Harris. Pour Cliff, ou du moins pour l'espèce d'ignominie qu'il était devenu, la proie avait été facile et il ne lui restait plus qu'à la dévorer. La patte armée de griffes étonnamment acérées se redressa d'un coup sec, sectionnant littéralement en deux le buste de John Harris. Mais le loup-garou ne put jouir longtemps de ce sanglant spectacle, car devant lui se tenait à nouveau une autre proie, agenouillée et alors occupée à vomir. Quand Rutger Bloomfield relava la tête et découvrit la bête qui se tenait au seuil de sa porte, il tomba à la renverse et paniqua. Il recula précipitamment tandis que la créature, elle, pénétrait lentement dans le bureau. Le shérif se trouva rapidement acculé contre la grille d'une de ses cellules. Tranquillement, le lycanthrope leva une patte en l'air pour achever sa nouvelle victime. Prendre son temps n'était pas dans la nature de son être, mais la bête y trouvait une forme de jouissance. Le shérif ferma les yeux, n'espérant plus qu'une seule chose : une mort rapide.
Mais soudain, une balle siffla aux oreilles de Rutger Bloomfield, tandis que la patte de la créature s'abattait sur lui. Le shérif adjoint Madigan venait de faire usage de son calibre 38 à moins de quatre mètres de sa cible. La balle atteignit la patte du loup-garou qui déviée dans sa course ne fit que lacérer l'épaule gauche de sa proie. Le lycanthrope fut projeté en arrière et tomba lourdement sur le sol. La violence du choc fut telle qu'il traversa le plancher et fut précipité au sous-sol de la bâtisse qui abritait le bureau du shérif. Ce dernier tenta péniblement de se relever, tandis que Jerry Madigan inspectait la béance du parquet dans laquelle la bête avait été littéralement engloutie. L'adjoint se pencha, commettant ainsi sa dernière erreur. Une gueule affutée se referma sur son visage, produisant un craquement d'os atroce. Quand le monstre se replia dans sa cavité, les crocs toujours fermement plantés dans la tête de sa nouvelle victime, il entraina à sa suite le corps entier de l'infortuné Jerry.
S'ensuivit alors un bruit écoeurant d'os broyé et de viande déchiquetée. Rutger Bloomfield eut à nouveau la nausée, mais ne se laissa pas abattre pour autant. Il se précipita sur l'armoire sécurisée renfermant les armes de plus gros calibre. Il l'ouvrit en cinq sec, tandis que le loup-garou continuait à dévorer son adjoint. Une fois l'armoire ouverte, le shérif saisit la première arme qui lui tomba sous la main : un fusil à pompe calibre 12. Mais, au dernier moment il se ravisa car son regard venait de croiser une autre arme qui, elle, ferait indéniablement plus de dégâts : un fusil-mitrailleur AK-47. Bloomfield s'empara de l'arme et reposa le fusil à coulisse sur le bureau. Bien que sa blessure le fit souffrir, il l'ignora et s'approcha lentement du trou d'où jaillissaient par intermittence de grandes giclées de sang.
Une fois qu'il estima être assez proche, le shérif fit feu et balaya le plancher de plusieurs rafales. Il ne s'arrêta de tirer que lorsque son chargeur fut entièrement vidé. Il s'empara alors du fusil à pompe qu'il venait de déposer sur son bureau, et s'approcha derechef du trou d'où ne s'échappait plus le moindre son à présent . Au moment où il se pencha pour constater l'étendue des dégâts causés, il tira tout de même un dernier coup de feu pour prévenir une éventuelle attaque de la bête... juste au cas où...
Hélas pour lui, seuls les restes de Jerry Madigan jonchaient le sol. Il se demanda alors comment cette chose qu'il avait vue pouvait, non seulement être toujours en vie, mais qui plus est être suffisamment valide pour parvenir à s'échapper. Se saisissant alors rapidement d'une torche électrique - le temps était compté - Bloomfield descendit très précautionneusement dans le trou et balaya les lieux de son faisceau lumineux. Ses soupçons se confirmèrent lorsqu'il découvrit une ouverture pratiquée dans le mur de la cave et donnant directement sur l'extérieur. Il dut se rendre à l'évidence : le loup-garou s'était évanoui dans la nature...
Texte de Hervé Smagghe et Greg Armatory
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Illustration de Greg Armatory
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