15 novembre 2006

HEMISPHERE




& Hémisphère 1.jpg

 

 

Elle a les yeux rouillés

 

Les cils accrochés au réverbère

 

L'amertume en porte à faux.

 

 

Alors la tête ensevelie sous l'oreiller

 

Elle replonge au creux, au chaud,

 

De milliers de souvenirs, de tempêtes,

 

Perdus à la dérive, défiant les courants.

 

 

Elle tente bien de se démêler les doigts

 

A travers le filet qui s'est resserré,

 

Encore et encore, autour du bagage de passé

 

Qu'elle traîne enchaîné à son âme.

 

 

Parfois il lui arrive de sortir

 

Alors tout y passe, les chiens au coin des rues,

 

Les lunes qui disparaissent,

 

Les réverbères trop silencieux.

 

 

Et puisqu'elle est encore trop jeune

 

Ses plaies restent longtemps ouvertes

 

Sur son monde abstrait où tout lui est inconnu,

 

Où elle ne comprend vraiment rien.

 

 

Il n'y a plus de contrôle, il n'y a plus d'envie

 

Elle n'a plus d'homme à ses côtés

 

Pour aspirer son plaisir en travers de draps flous

 

A l'abri du soleil qu'elle n'a jamais supporté.

 

 

Puisqu'elle erre toujours, les mains en avant,

 

Les pieds à la traîne, à la dérive de ses émotions,

 

Qu'elle traverse des rues sans lumière,

 

Des passages sans piéton, elle se ferait bien

 

Faucher en plein centre, juste pour le plaisir.

 

 

Et elle pousse ses pas encore plus loin,

 

Fouillant au fond d'elle-même d'où ne remonte

 

Que des relents de souvenirs acides.

 

 

Divisant les fautes aux erreurs

 

Les actes manqués aux actions volées

 

Il ne lui reste au final plus grand chose

 

A se mettre sous la dent.

 

Elle creuse, bousculant les pavés sur la route

 

Elle glisse le long du trottoir sans plus s'apercevoir

 

Que la lumière lui fait de l'angle.

 

 

Elle est mon contraire, l'opposée

 

Mes draps répondent d'un plaisir jamais lassé

 

Ma vie se déroule au grand jour

 

Je bouscule mes rêves pour ne pas qu'ils s'endorment,

 

Pour ne rien avoir à traîner à l'ombre des murs que je longe

 

Si demain je la croise, je lui attraperai la main,

 

Je la ferai peut-être valser contre un mur

 

Pour qu'enfin, elle rougisse de plaisir.

 

 

& Hémisphère 2.jpg

 

 

 

 

Texte d'Ambre

&

Illustration de Greg Armatory

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

De L'encRE dAnS Les VeiNES...ChaPeAu!!!!!

Ecrit par : françois | 26 décembre 2006

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