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18 décembre 2006

LE PARADIS




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Je veux tout désapprendre.

 

Tout oublier.


Je veux redevenir un enfant nu vomi par la terre nourricière.

 

Je veux retrouver mon innocence, mon inexpérience, mon ignorance.

 

Je veux mourir et renaître de mes cendres.

 

Etre moi.

 

Définitivement moi.

 

 

Attendre le bonheur exige énormément de nous.

 

Je parle de notre bonheur personnel.


Pas de celui qui nous est dicté dès notre naissance.


Pas de celui auquel la société nous renvoie continuellement


Afin de nous garder sous son contrôle.

 

Je parle de ce bonheur que nous appelons rêve

 

Et qui nous échappe par sa simplicité.

 

Je parle de ce bonheur emmuré en nous


Qui nous révèle son existence

 

Durant ces brefs instants où nous fermons les yeux


Dans notre plus extrême solitude.

 

Le Paradis.

 

 

Etre libre d'être soi-même.


Le meilleur de soi.


Mille.

 

Mille enfers pour le Paradis.

 

C'est ce que j'ai traversé pour le trouver.

 

 

Je suis vivant.

 

Car je suis moi.


Définitivement moi.

 

Et le seul fait d'exister me remplit de joie.

 

 

Dire un mot à la place d'un autre.


Travestir mes pensées, les trahir pour les protéger, me protéger.


M'empêcher d'être moi.


Définitivement moi.


J'ai fait cela tant de fois.


Me raccrocher aux silences.


Pour ne pas me mettre à nu.


Plus jamais cela.


Désormais je fais ce que je suis.


Je suis ce que je fais.

 

Ma vérité.

 

 

LUI :


- Tu n'es pas celle que je vois.

 

Tu es celle que tu caches en toi

 

Et qui désespère de rencontrer celui que je cache en moi.

 

ELLE :


- Mon coeur a posé ses yeux sur toi.

 

Mais c'est tout mon être qui boit la vie qu'il y a en toi.

 

LUI :

 

- Nul autre souhait que d'être à tes côtés.


Nul autre désir que de le rester.

 

 

ELLE :


- Ma vie s'étend.

 

Ma vie c'est en toi qu'elle se libère.

 

Ma vie sait qu'en toi elle s'évade.

 

De toutes ces palissades que j'ai construites autour d'elle,


Une seule de tes pensées à mon égard les a toutes faites tomber.


Depuis, elles sont devenues le pont qui nous relie sans cesse.

 

 

LUI :

 

- Mon inspiration c'est quand je pense à toi.


Mon expiration c'est quand je te vois.

 

 

ELLE :

 

- Je t'écoute m'aimer alors même que tu ne fais que respirer.

 

Tu te crois seul.

 

Tu oublies que je suis l'ombre de chacune de tes pensées.

 

 

LUI :


- Plus rien n'est extérieur à toi.

 

Tout participe de ta beauté.

 

Comme moi, la Nature retient son souffle en attendant ton prochain geste.

 

 

ELLE :

 

- Tu es un vivant tableau.


Chacun de tes mouvements produit un nouveau chef-d'oeuvre.

 

 

LUI :

 

- Notre amour fait partie intégrante de la Nature

 

Et la Nature fait partie intégrante de notre amour.

 

Plus rien ne les dissocie.

 

 

ELLE :

 

Quel est donc ce soleil qui marche à mes côtés ?


Qui m’embrase sans jamais me consumer.


Qui m’éclaire sans jamais m’aveugler.


 

LUI :

 

Chaque seconde est un moment d’éternité.

 

Chaque instant, un doux moment de vérité.


Ne pas s’en lasser.


S’y abandonner.


Corps et âme.



ELLE :

 

Ne jamais s’y habituer.

 

Que chaque jour soit égal au premier.

 

Oublier.

 

Et découvrir le Paradis.

 

 

ELLE & LUI :

 

Il y a le soleil dans le ciel.


Les étoiles dans la nuit.

 

Il y a le vent dans les arbres.

 

Et il y a toi dans mon cœur.

 

 

 

Ce texte est librement inspiré du film

Le Nouveau Monde de Terrence Malick.

 

 

 

 

Texte & Illustration de Greg Armatory

 

 

 

 

 

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