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20 janvier 2007

LE VOLEUR DE BEAUTE

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Il est rapide et arpente

La moindre de nos pensées

Le jour, la nuit  il hante

Nos esprits inspirés

 

Il n’est pas vraiment mauvais

Le voleur de beauté

Il ne fait que nous ôter

Les belles idées que l’on avait

 

Ça nous oblige

A en avoir de meilleures

Et ça exige

Qu’il en cherche ici et ailleurs

 

Il peut les reconnaître

De très loin

Il faut lui reconnaître

Ça au moins

 

Pour lui, elles brillent

Comme des diamants

Dans la sébile

D’un mendiant

 

Dès qu’il en repère une

Il se love autour

Et chasse d’un morceau de lune

Les idées noires, sombres vautours

 

Il la dévore des yeux

S’en repaît comme d’un mets de dieu

Qu’il porte comme un médaillon

Ou range dans sa grande escarcelle

Avec toutes les autres étincelles

Qui éclairent ce petit être en haillons

 

Une pensée d’amour, de paix ou d’amitié

Et le voilà qui arpente le sentier

De notre plus secrète intimité

Il en a parcouru des milliers

Il est en terrain familier

Il siffle gaiement sur ses aspérités

 

Mais que peut-il bien faire

Ce pauvre qui vagabonde

De ces idées si claires

Qui dans ses poches abondent ?

 

Je pense que notre richesse

Fait aussi la sienne

Et que notre bassesse

Le remplit de peine

 

Il a dû naître

De la pensée d’une fée

Pour pouvoir commettre

Impunément un tel forfait

 

Mais prudence

De cela ne parlons plus

Car cette dernière idée je pense

Ne lui a sûrement pas déplu.

 

 

Texte & Illustration de Greg Armatory

 

 

 

 

 

 

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