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14 février 2007

PEARL A REBOURS, tout recommence (1)

 


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- Leader one, ici Black Eagle. Je viens d’être touché par un tir irakien provenant du sol. Demande assistance pour appontage d’urgence.

- Bien reçu, Black Eagle. La piste sera dégagée à votre arrivée. Quelle est l’étendue de vos dégâts ?

- Les deux tuyères gauche de mon appareil sont endommagées. Je pense que le freinage risque d’être difficile.

- Attention Black Eagle, j’ai deux échos ennemis sur mon radar à environ trois heures.

- Envoyez-moi de l’aide ou je risque de ne jamais arriver jusqu’au porte-avion.

- Bien reçu Black Eagle. Nous faisons le nécessaire.

- Merde, il ne manquait plus que ça, pensa le sergent Jonathan Miller.

Les deux chasseurs irakiens seraient bientôt sur lui. Il savait pertinemment que l’aide demandée ne serait jamais sur place à temps. Il lui fallait trouver une solution seul.

A cette altitude, avec deux tuyères endommagées, il n’avait aucune chance de sortir victorieux d’un combat aérien. Jonathan Miller enfonça le manche de son appareil vers l’avant et son avion de chasse plongea aussitôt en piqué.

Il pilotait un Mcdonnel Douglas, modèle AV-8B, plus connu sous le nom de Harrier (prononcez à rire). Cet avion fraîchement mis en service avait déjà fait ses preuves depuis le début de l’opération Tempête du désert. Sa petite taille rendait le Harrier beaucoup plus manœuvrable que la plupart des chasseurs conventionnels. Armé d’un canon rotatif de vingt cinq millimètres, il permettait d’emporter une charge offensive de presque huit tonnes et d’atteindre une vitesse maximale de plus de mille kilomètres/heure. Mais ce qui rendait ce chasseur unique n’était ni ses dimensions, ni son armement, ni sa vitesse. D’imposantes tuyères orientables ornaient chaque côté du Harrier. Elles permettaient au chasseur un décollage et un atterrissage vertical. Une vraie révolution dans le monde de l’avionique. Le Harrier était le seul chasseur au monde capable d’une telle prouesse.

Jonathan savait qu’avec deux tuyères endommagées un atterrissage vertical lui était interdit. Il connaissait parfaitement les possibilités de son appareil. Il était considéré par sa hiérarchie comme un des meilleurs pilote au monde sur ce type d’avion de chasse.

Arrivé à deux cent mètres d’altitude, Jonathan tira sur le manche du Harrier qui peina à se redresser. Lorsqu’il y parvint, l’avion n’était plus qu’à une vingtaine de mètres au dessus du sol. Il ne pourrait jamais espérer prendre de vitesse les deux Mirages F1-E lancés à sa poursuite. Ces chasseurs sortis tout droit des usines françaises Dassault, étaient parmi les avions les plus rapides au monde. Leur vitesse pouvait atteindre les deux mille cinq cents kilomètres/ heure (Mach 2,1) soit deux fois et demi la vitesse de pointe du Harrier.

Jonathan survolait à présent une rivière qu’il décida de longer. Cette manoeuvre lui fit gagner du temps. Naviguant sous le plancher radar, les chasseurs ennemis eurent du mal à retrouver le Harrier américain. Soudain, un signal sonore retentit dans le cockpit du sergent Miller. Un des Mirages ennemi venait de tirer une roquette à guidage thermique. Jonathan n’eut d’autre choix que de pousser les réacteurs du Harrier à leur pleine puissance. Cette brusque accélération l’obligea à effectuer des manoeuvres que nul autre pilote n’aurait osé tenter.

Son avion filait à présent à près de neuf cents kilomètre/heure le long des méandres de la rivière. Cependant le missile se rapprochait inexorablement du Harrier.

Jonathan tira d’un coup sec le manche de son appareil. L’avion se redressa et fila à la verticale. Il passa à toute allure entre les deux chasseurs ennemis qu’il avait préalablement repéré sur son radar, suivi de près par la roquette.

Les pilotes irakiens, bien que surpris par la manoeuvre de l’américain, n'eurent aucun mal à se dégager de la trajectoire du Harrier évitant ainsi d’être pris dans son sillage.

Jonathan continua sur sa lancée et constata avec regret que la roquette n’avait percuté aucun des deux Mirages. Il adopta donc une autre tactique. Arrivé à treize mille mètres d’altitude, plancher maximum du Harrier, Jonathan effectua un demi-tour et plongea de nouveau sur les chasseurs irakiens. Il coupa brusquement les gaz à six mille mètres et tomba en chute libre. Rien ne garantissait que l’avion parviendrait à redémarrer. Le missile, qui réagissait à la chaleur des réacteurs, perdit sa cible et se remit aussitôt en acquisition. Deux cibles s’offraient alors à lui, droit devant. Le Harrier en perdition fila sur la gauche des deux appareils ennemis et la roquette percuta l’un d’eux. L’onde de choc provoquée par la déflagration frappa de plein fouet le second chasseur qui explosa à son tour.

Jonathan n’eut pas le temps de se réjouir car son appareil se rapprochait dangereusement du sol. A la verticale, il était impossible pour un pilote de s’éjecter. Les deux tuyères encore opérationnelles refusèrent obstinément de se remettre en marche. Jonathan n’avait plus le choix, il tira de toutes ses forces sur le manche et enfonça le palonnier. L’avion partit aussitôt en vrille. Bien que téméraire, cette manoeuvre permit à Jonathan de s’éjecter de son appareil.

La seconde suivante, le Mcdonnel Douglas AV-8B percutait le sol dans une explosion de fumée noire. La violence de l’éjection fit perdre connaissance au sergent Miller qui planait doucement au dessus du sol, suspendu à son parachute tel un pantin inanimé. Lorsqu’il revint à lui, la première image que vit Jonathan fut le sol à moins de trois mètres sous ses pieds. Il était déjà trop tard pour tenter quoique se soit. Un hurlement de douleur s’échappa de sa gorge lorsque ses deux jambes se brisèrent comme des allumettes en percutant le sol...

 

 

(Lire la suite ?)

 

 

 

Texte de Hervé Smagghe & Illustration de Tanis

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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