10 octobre 2007
LA VAGUE
Chacun d'entre nous
Attend avec certitude
Cette grande vague
Qui engloutira
Pour de bon cette fois
Nos pauvres coeurs orphelins.
Souvent je l'ai bue la tasse
A en perdre la tête
Et à en oublier de nager
Pour contrer le naufrage.
Bien souvent on la recherche
La bouée tant espérée,
Celle qui nous empêchera de chavirer.
Mais trop souvent aussi
On fonce à corps perdu
Face à la vague tranchante.
On se la prend de plein fouet
N'épargnant au naufragé
Ni les pleurs, ni les cris.
Souvent il m'est arrivé
De vouloir y renoncer.
Et de rentrer au sec,
Lassée de trop pleurer.
Mais parfois la vague s'essouffle
Et se fond dans l'océan
Aussi vite qu'elle nous aura emportés.
Nous ramenant contre notre gré
Sur le rivage de la réalité,
Sur le rivage de notre pays
Où la seule inondation
Restera une coulée de larmes.
Puis l'on repart trop vite
A l'assaut des grandes marées.
A contre courant l'on brave
Les plus hautes vagues.
On plonge profond.
On relève la tête hors de l'eau.
Mais on attend toujours
La prochaine salve d'eau.
L'espoir ancré,
Les yeux rouillés.
Et entraîné au creux de la vague
On en a tous croisé
Des paniers de crabes
Et de minuscules grains de sable...
Souvent j'ai ramé pour revenir,
Mais après tant de noyades,
J'ai quitté mon habit de sirène
Préférant la terre ferme
Au terrain incertain
Des profondeurs sentimentales.
Texte d'Ambre Benès
&
Illustration de Xavier d'Hérouville
11:50 Publié dans POESIE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vague, poésie, texte, ambre benès, illustration, xavier d'hérouville





















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